//CONSOMMATEURS // Un passage à l'acte systématique ?
Peut-on établir un lien entre la consommation de la pédopornographie et le passage à l'acte (c'est-à-dire le délit sexuel, sous ses différentes formes, commis par un adulte contre un mineur) ? Et si oui lequel ? Il s'agit ici de savoir si - et si oui, comment – la consommation de la pédopornographie influence le comportement du spectateur.
- Acteurs : Acteurs scientifiques
- Instruments : Etudes qualitatives et quantitatives, phallométrie ...
- Mise à l'épreuve : Peut-on émettre à l'aide d'expériences un lien de causalité?
A cela, deux premières réponses : consommation et passage à l'acte ne sont pas ou peu liés; ou, oui, ils sont liés. Dans ce cas, une nouvelle alternative : l'incidence est négative (la consommation augmente la probabilité du passage à l'acte), ou elle est positive (elle la diminue).
Une manière de comprendre la controverse autour de la consommation de la pédopornographie est de la comparer avec la controverse autour de la violence à la télévision et des jeux vidéos.[1] D'une manière plus générale, il s'agit d'une sous-controverse du débat concernant l'influence de la consommation des médias sur le comportement humain, qu'évoque, pour ce cas spécifique, le représentant Obran au Congrès américain en 2003:
"We spend billions of dollars in this country on commercials, and if those commercials did not change behavior, if what you see and what you hear and what you read does not change your behavior, then we are spending billions of dollars unnecessarily. So, obviously, the pornography industry does have a tremendous impact on behavior." (Hessick, 2010, p. 871)
La controverse se structure autour de deux grands axes: corrélation et causalité.
Les auteurs de la première et de la deuxième partie se contentent, pour la plupart, de décrire du matériel empirique; ils constatent des tendances que l'on peut observer sans pour autant risquer des explications causales.
Les auteurs de la troisième et quatre partie, au contraire, se prononcent sur l'influence – directe ou indirecte – de la consommation de la pédopornographie sur le passage à l'acte. Il ne s'agirait pas seulement de faits que l'on observe simultanément (ou pas), mais de faits dont le lien est causal: ou la consommation banaliserait le délit sexuel contre un mineur, ou la consommation baisserait le désir sexuel du consommateur. Voilà deux exemples d'arguments qui sont fréquemment avancés.
En général, la corrélation entre consommation de la pédopornographie et passage à l'acte s'étudie a posteriori: on examine les caractéristiques de ceux qui ont été incriminés pour un délit sexuel contre mineur ou pour possession de pédopornographie.
Les études suivantes ne trouvent aucune ou peu de corrélation entre la consommation et le passage à l'acte:
Endrass et al. (2009) examinent une opération spéciale menée contre la pédopornographie en Suisse en 2002. Parmi les 231 hommes accusés de possession de la pédopornographie seulement 1% avait avaient déjà été inculpés pour agression sexuelle contre mineur. Webb et al. (2007) comparent les deux groupes des délinquants sexuels anglais entre eux, soit 90 des délinquants condamnés pour possession ou distribution de pédopornographie avec 120 délinquants condamnés pour agression sexuelles contre un mineur. Webb et al. constatent que le groupe des délinquants sexuels « en ligne » ont été significativement moins condamnés pour des délits sexuels que le groupe des agresseurs sexuels; 7% du premier groupe ont commis un délit sexuel, avec 4% qui ont commis un délit sexuel contre un mineur.
Howitt (1995) base ses observation sur un échantillon plus réduit, soit 11 pédophiles condamnés pour agression sexuelle contre un mineur. Alors que la possession de la pédopornographie dite « explicite » était « hors commun », la plupart des sujets ont produit leur propre matériel à partir de la publicité, des catalogues de vêtements etc. - ce qui relève, bien évidemment, de la question du contenu. Howitt remarque, cependant, que dans aucun des cas l'agression sexuelle n'a été précédée par la consommation de pédopornographie, ce qui pose, implicitement, une question qui n'est pas suffisamment traitée par la littérature: celle du cadre temporel dans lequel on étudie la corrélation entre consommation et passage à l'acte. La plupart des auteurs examinent un cadre temporel « généralisé » sans pour autant analyser l'effet de la consommation – s'il existe – juste avant le passage à l'acte.[2] Wheeler (1997) en est l'exception notable; il note qu'un tiers d'un groupe de 155 personnes – donc un nombre considérable – condamnés pour l'attouchement d'un mineur ont consommé du matériel pornographique juste avant de passer à l'acte – tout type de pornographie confondu!
Lanning (2010), ancien agent spécial pour le FBI, résume son point de vue concernant le lien entre consommation et passage à l'acte dans son dossier publié en coopération avec le département de justice américain:
« An offender’s pornography and erotica collection is the single best indicator of what he wants to do. It is not necessarily the best indicator of what he did or will do. Not all collectors of child pornography physically molest children and not all molesters of children collect child pornography. » (p. 107)
Quatre études montrent cependant une corrélation plus forte entre consommation de pédopornographie et passage à l'acte. Rabun (1984) déclare que l'analyse de 1,400 cas des délits sexuels contre des mineurs au Kentucky entre 1980 et 1984 indique que les délinquants ont consommés de la pédopornographie « dans la majorité des cas ». Alexy et al. (2005) comparent 225 cas d'exploitation sexuelle publiés dans les médias entre 1996 et 2002. Parmi les 225 délinquants, 59% utilisent Internet exclusivement pour la collection ou la distribution de pédopornographie, 22% - des « travallers » - l'utilisent pour manipuler des enfants et les convaincre de les rencontrer, ce qui signifie que 19% de ceux qui possèdent de la pédopornographie mènent des actions concrètes pour passer à l'acte.
Seto et Eke (2005) se servent d'un échantillon de 201 délinquants sexuels canadiens ayant été condamnés pour possession de pédopornographie afin d'en tirer, d'un côté, des statistiques générales et, de l'autre côté, d'établir le taux de récidivisme des délinquants pendant une période de 2,5 ans à la suite de l'incrimination originale. 76 de ces 201 délinquants ont été condamnés pour des délits sexuels comprenant une forme ou une autre de contact avec un mineur. Après 2,5 ans, 17% de l'échantillon ont commis un autre délit sexuel; néanmoins, seulement 1% de ceux qui ont été préalablement condamnés pour possession de pédopornographie ont à la suite commis un délit sexuel impliquant du contact dans une forme ou d'une autre.
Seto et al. (2006), dont l'étude est discutée de manière plus détaillée ici, constatent que sur 100 condamnés pour consommation de pédopornographie 43 sont passés à l'acte. Plus récemment, Mitchell et al. (2011) utilise le National Juvenile Online Victimization Study, le premier projet de recherche américain qui rassemble des données de plus de 2,500 stations de police qui, en 2000 ou en 2006, ont arrêté des gens qui ont commis des crimes sexuels contre des mineurs en ligne, afin de mener des entretiens téléphoniques avec 1,051 policiers; ceci leur permet d'affiner leur recherche sur des crimes dits « commerciaux », soit des arrestations (106 au total) ou quelqu'un a tenté d'acheter ou vendre de la pédopornographie, voire des rapports sexuels avec un mineur. Mitchell et al. trouvent qu'au total 13% ont été préalablement arrêté pour des offenses sexuelles contre un mineur, soit 10% des acheteurs et 3% des vendeurs.
Outre une corrélation entre la consommation de la pédopornographie et le passage à l'acte, quelques auteurs considèrent qu'il existe un lien encore plus étroit, causal : la consommation de contenu pédopornographique renforcerait le consommateur dans ses fantasmes et faciliterait un passage à l'acte éventuel.[3]
En effet, Bourke et Hernandez (2009) avancent trois thèses concernant l'effet de la consommation sur le passage à l'acte: elle « normalise » le rapport sexuel entre adultes et enfants, « déshumanise » ces derniers et « désensibilise » le consommateur concernant les conséquences de la victimisation de l'enfant. Empiriquement, ils trouvent que, sur un échantillon de 155 personnes condamnées pour possession de pédopornographie, 131, soit 85% admettent à la fin de leur traitement avoir passé à l'acte, c'est-à-dire d'avoir recherché un contact physique avec un mineur. Bourke et Hernandez comparent ensuite l'auto-déclaration du 15% restant avec la documentation légale, concluant que seulement dans 2% des cas il est légitime de parler des délits de possession « pure ».
Kingston et al. (2008) étudient la consommation auto-proclamée du contenu pédopornographique des 341 délinquants sexuels canadiens ayant été condamnés pour attouchement sexuel d'un mineur entre 1982 et 1992. 90% des délinquants disent ne consommer que du contenu « normal », alors que 10% disent consommer du contenu déviant (contenu pédopornographique ou violent). Kingston et al. comparent ainsi le taux du récidivisme de ces deux groupes des consommateurs, constatant qu'en tenant compte des caractéristiques de risque de ces personnes, la consommation du contenu déviant augmente la probabilité du récidivisme criminel par 177%. La consommation de pédopornographie serait un indicateur de facteur de risque pour le passage à l'acte qu'elle ''activerait'' en renforçant des représentations cognitives inappropriées.
Linz (2011) arrive à une conclusion similaire en étudiant les effets de la pédopornographie virtuelle sous des conditions laboratoires. Il suppose que l'exposition à la pédopornographie « barely legal » entraîne la création d'un nœud cognitif associant attraction sexuelle, excitation et jeunesse; cette hypothèse est ensuite confirmée par le fait que des personnes exposés à la pédopornographie « barely legal » sont plus enclins à faire des associations sexuelles que le groupe de contrôle.[4]
Enfin, Wilson et Jones (2008), en interrogeant quatre agresseurs sexuels, mènent une étude plus qualitative afin de déterminer l'effet de la consommation sur le passage à l'acte. Ils constatent que la consommation de la pédopornographie nourrit, altère et influence les fantasmes du consommateur; elle réduit également la séparation entre pensée et passage à l'acte en constituant un « espace virtuel » où des éléments de fantasme se mélangent à des éléments réels (via la masturbation, par exemple).
Une autre et dernière catégorie de réponse est, au contraire, l'effet positif de la consommation de la pédopornographie : considérer que celle-ci aurait tendance à « satisfaire » le désir sexuel et donc à baisser la probabilité que le consommateur passe à l'acte.
Riegel (2003) arrive à une telle conclusion après avoir sollicité sur internet 290 boylovers (auto-déclarés) pour un questionnaire. 78,6% des sondés reportent ne jamais avoir été condamnés par la loi pour des délits sexuels; 33,5% regardent boy erotica en ligne « régulièrement », 25,5% «fréquemment» et 17,9% « parfois ». Ils sont 73,9% à penser que la consommation leur permet de « rediriger » leur désir sexuel, alors que 8,3% disent que cela n'est que rarement vrai, voire jamais. A l'inverse, 4% pensent que leur consommation augmente leur tendance de passer à l'acte, alors que 84,5% ne considèrent pas que cela soit le cas.
Une autre manière d'étudier cette problématique est par voie de comparaison temporelle; il s'agit d'examiner l'incidence d'une légalisation de la pédopornographie sur le taux d'agressions sexuelles commises. Kutchinsky (1973) a été le premier à proposer une telle étude pour le cas du Danemark, concluant que la légalisation de la pédopornographie a une incidence positive réelle – une baisse d'attouchements sexuels des enfants à la fois par rapport à avant et après l'épisode de libéralisation législative. Diamond (1999) propose une étude comparable pour le Japon entre 1972 et 1995 – une période associée à une augmentation et une légalisation de la pornographie de tout genre, y compris de la pédopornographie et des lolicons. Selon Diamond, ce que l'on voit c'est que le nombre des délits sexuels contre un mineur baisse de 85% entre 1972 et 1995; le pourcentage des victimes ayant moins de treize ans baisse également de 8,3% à 4,0%.
Enfin, Diamond (2010) examine ce même rapport entre agressions sexuelles et cadre législatif pour la République tchèque entre 1975 et 2007, soit pour une période de trente ans qui débute avec une période de prohibition légale de la pornographie (1975-89), pour être suivi par une deuxième période libérale de 1989 à 2007 pendant laquelle, à quelques moments, la pédopornographie aussi a été légale. Diamond constate que le taux de crimes sexuels contre un mineur baisse significativement après la légalisation de la pédopornographie, ce qui lui amène à considérer que « As with adult pornography appearing to substitute for sexual aggression everywhere it has been investigated, we believe the availability of child porn does similarly. [...] We do not approve of the use of real children in the production or distribution of child pornography but artificially produced materials might serve. »
Outre que ces quatre réponses possibles il faut souligner qu'il y a un certain nombre d'auteurs qui insistent sur le fait qu'aucune réponse n'ait pu s'imposer, au moins jusqu'ici, comme réponse définitive; chaque réponse apportée reste hésitante et controversée (Knudsen, 1988; Malamuth et Huppin, 2007; McCarthy, 2010; Williams, 2004).[5]
Néanmoins, un recours à la scientométrie pourrait ici apparaître opportun étant donné son pouvoir révélateur concernant l'autorité scientifique dont jouissent quelques auteurs cités ci-dessus. Diamond (2010) est cité une fois jusqu'ici; le h-index de Diamond est de 13. Howitt (1995) est cité 45 fois et son h-index est de 18. Riegel a un h-index de 4; le nombre de citations de Riegel (2003) est de 13. Voici pour les trois études penchant vers le côté des « pédophiles »; pour ce qu'il y a du côté des « enfants », Hernandez et Bourke (2009) est cité 35 fois et le h-index de Bourke est de 4. Mais le champion parmi les scientifiques, c'est Seto, avec un h-index de 24, son étude de 2006 étant cité 72 fois.

Et pour mieux comprendre...
Ce graphe trace l'orientation de la discussion des études scientifiques sur le web. Chaque couche d'auteur est associée à des études discutées plus haut. La carte montre assez nettement que les études de Diamond, Howitt et Riegel sont associées au « milieu des pédophiles » car, de toute évidence, allant dans leur sens, alors que celles de Seto et Hernandez sont cité plus par le « milieu neutre » (on a déjà vu que les association de protection de l'enfance ne participent pas dans cette controverse, au moins sur le web).
Mais l'analyse va au-delà: en effet, on constate que Diamond est l'auteur le plus discuté en ligne – avec dix-sept nœuds vis-à-vis les trois nœuds de Seto comme deuxième – qui est à l'encontre de leur influence au seins de la communauté scientifique (un h-index de 13 pour Diamond comparé à un h-index de 24 pour Seto). Bien évidemment, une partie de l'explication de cette divergence provient du fait que l'étude de Diamond est à la fois très récente et très provocatrice, soit d'une attirance médiatique forte. Ceci est confirmé par le fait que 71% de ceux qui citent l'étude de Diamond sont des sites d'information, soit 41% de sites d'information généralistes – versus 67% de sites d'information spécialisé dans la santé pour Seto.
Ayant vu que l'on discute des études scientifiques sur internet, il est également intéressant de savoir ce que les internautes en pensent et comment ils perçoivent la controverse sur le passage à l'acte même indépendamment de toute recherche scientifique; voilà ce que cette carte illustre.
L'effet prédominant est que « l'on ne sait pas »; l'effet de la consommation de pédopornographie sur le passage à l'acte est perçu comme restant incertain. Ceci est surtout le cas pour les sites d'information généraliste, les sites d'information sur la science et les forums généralistes qui, ensemble, constituent 63% de la distribution de cette catégorie - soit 75% des sites d'information selon la deuxième catégorisation des acteurs que l'on voit ici.
A l'encontre de cette position « neutre », 0% des sites orientés explicitement « pour les enfants » ou « pour les pédophiles » n'adaptent cette position d'incertitude.
L'effet « positif» de la consommation de pédopornographie – soit pas de passage à l'acte, soit une baisse de cette tendance – est défendu sur un site « d'information » sur la pédophilie, sur un forum des boylover, sur un blog sur les animes et sur un blog qui se place en ''défenseur'', s'opposant à la chasse aux pédophiles.
L'effet « négatif » est défendu, au contraire, et en s'appuyant sur Seto et Hernandez, sur un blog contre l'abus sexuel des enfants, par une association contre l'abus sexuel des enfants et sur un forum traitant de la psychologie; on est de 67% de côté des « enfants » ici.
- Alexy, E.M., Burgess, A.W. & Baker, T. (2005). Internet Offenders. Traders, Travelers, and Combination Trader-Travelers. Journal of Interpersonal Violence, Vol. 20 (7), pp. 804-812.
- Beech, Elliott & Birgden, Findlater (2008). Internet and child sexual offending:A criminological review. Agression and Violent Behavior, Vol. 13, pp. 216-228.
- Bourke, Michael L. & Hernandez, Andres E. (2009). The ‘Butner Study’ Redux: A Report of the Incidence of Hands-on Child Victimization by Child Pornography Offenders. Journal of Family Violence, Vol. 24, pp. 183-191.
- Diamond, Milton, Jozifkova, Eva & Weiss, Petr. (2010). Pornography and Sex Crimes in the Czech Republic. Archives of Sexual Behavior, DOI: 10.1007/s10508-010-9696-y.
- Diamond, Milton & Uchiyama, Ayako (1999). Pornography, rape, and sex crimes in Japan. International Journal of Law and Psychiatry, Vol. 22, pp. 1-22.
- Endrass, Jérôme, Urbaniok, Frank, Hammermeister, Lea C., Benz, Christian, Elbert, Thomas , Laubacher, Arja & Rossegger, Astrid (2009). The consumption of Internet child pornography and violent and sex offending. BMC Psychiatry, Vol. 9:43
- Hessick, Carissa (2010). Disentangling Child Pornography from Child Sex Abuse. Washington University Law Review, Vol. 88, pp. 853-901.
- Howitt, Dennis (1995). Pornography and the paedophile: Is it criminogenic?, British Journal of Medical Psychology, Vol. 68(1), pp 15-27
- Kingston, Drew A., Fedoroff, Paul, Firestone, Philip, Curry, Susan & Bradford, John M. (2008). Pornography Use and Sexual Aggression: The Impact of Frequency and Type of Pornography Use on RecidivismAmong Sexual Offenders. Aggressive Behavior, Vol. 34, pp. 1–11.
- Knudsen, Dean D. (1988). Child Abuse and Pornography: Is There a Relationship? Journal of Family Violence, Vol. 3 (4), pp. 253-267.
- Kutchinsky, B. (1973). The effect of easy availability of pornography on the incidence of sex crimes: The Danish experience. Journal of Social Issues, Vol. 29, pp. 163-181.
- Lanning, Kenneth V. (2010). Child Molesters: A Behavioral Analysis For Professionals Investigating the Sexual Exploitation of Children. National Center for Missing & Exploited Children.
- Linz, Paul (2011). The Effects of Exposure to Virtual Child Pornography on Viewer Cognitions and Attitudes Toward Deviant Sexual Behavior. Sexual Abuse, Vol. 23, pp. 7-21.
- McCarthy, Jennifer. Internet sexual activity: A comparison between contact and non-contact child pornography offenders. Journal of Sexual Aggression, Vol 16 (2), pp. 181-195.
- Mitchell, Kimberly J., Jones, Lisa M., Finkelhor, David & Wolak, Janis (2011). Internet-Facilitated Commercial Sexual Exploitation of Children: Findings From a Nationally Representative Sample of Law Enforcement Agencies in the United States. Sex Abuse, Vol. 23 (1), pp. 43-71.
- Neil Malamuth & Mark Huppin (2007). Drawing the Line on Virtual Child Pornography: Bringing the Law in Line with the Research Evidence. NYU Review of Law and of Social Change, Vol. 31, pp. 773-826.
- Rabun, J. B. (1984). Statement before the Senate Subcommittee on Juvenile Justice.. Alexandria, Virginie : 94 congrès du National Center for Missing and Exploited Children.
- Riegel, David L. (2003). Effects on Boy-Attracted Pedosexual Males of Viewing Boy Erotica. Letter to the Editor. Archives of Sexual Behavior, Vol. 33 (4), pp. 321-323.
- Seto, Michael C., Cantor, James M. & Blanchard, Ray (2006). Child Pornography Offenses Are A Valid Diagnostic Indicator of Pedophilia. Journal of Abnormal Psychology, Vol. 115 (3), pp. 610-615.
- Seto, M. C., & Eke, A. W. (2005). The criminal histories and later offending of child pornography offenders. Sexual Abuse, Vol. 17, pp. 201–210.
- Webb, L., Craissati, J. & Keen, S. (2007). Characteristics of Internet Child Pornography Offenders: A Comparison with Child Molesters. Sex Abuse, Vol. 19, pp. 449-465.
- Wheeler, David L. (1997). The relationship between pornography usage and child molesting. Dissertation Abstracts International Section A: Humanities and Social Sciences, Vol. 57(8-A), p. 3691.
- Williams, Katherine S. (2004). Child Pornography Law: Does it Protect Children? Journal of Social Welfare and Family Law, Vol. 26(3), pp. 245-261.
- Wilson, David & Jones, Timothy (2008).‘In My Own World’: A Case Study of a Paedophile’s Thinking and Doing and His Use of the Internet. The Howard Journal, Vol. 47 (2), pp. 107–120.
[1] I mean, if you say that this is seriously provoking pedophilia, then you should seriously consider also
banning depictions of murder and illegal drug usage from movies...
http://forums.armageddononline.org/anime-child-porni-t7484.html?s=2075590b850cd2b69306ada488c47d2f&
Like playing violent video games won't cause someone to be violent, but if they already are then playing
those games will make them more rather than less likely to commit violent acts.
http://forums.civfanatics.com/archive/index.php/t-184433.html)
[2] 1) In the immediate now, watching porn does decrease the urge for further satisfaction, thus it can be
argued that child porn reduces sexual abuse.
2) Long term, child porn erodes the taboo against sexual abuse of children.
The debate then, is which is more important-I vote for #2
http://www.physorg.com/news/2010-11-legalizing-child-pornography-linked-sex.html
[3] Spending time around pronography tends not to reduce one's sex drive.
http://forums.civfanatics.com/archive/index.php/t-184433.html
If I want to stop thinking about sex I don't go look at porn.
http://forums.civfanatics.com/archive/index.php/t-184433.html
Where there is smoke, there is fire.
http://www.mentalhelp.net/poc/view_doc.php?type=doc&id=28547&cn=98
[4] This makes sense. The more one solidifies the connection (through masturbation and fantasy, for
example) between sexual gratification, the more it becomes an entrenched part of someone’s sexual identity
http://goodmenproject.com/good-feed-blog/legalize-child-porn-to-prevent-child-abuse/
However being sexually aroused by an image of a child is not the same as being aroused by a child
itself. To ascertain this you would have to present the subjects of these experiments with the stimulus
of real live children being abused.
http://www.mentalhelp.net/poc/view_doc.php?type=doc&id=28547&cn=98
[5] It's seriously hard to get funding to study child porn consumers, too. Once a researcher has a grant,
there are additional problems with carrying out research. There have been at least a couple of cases
where researchers have been busted solely for compiling consumption data. You can just imagine the
field day the right wing would have with taxpayer funds being used to study either pedophilia or child
porn.
http://jezebel.com/#!5703236/can-child-porn-actually-prevent-child-abuse
It's nice to try and depend on science and technology, but it really can't give us all the answers we
seek. Sometimes, something is evil.
http://jezebel.com/#!5703236/can-child-porn-actually-prevent-child-abuse









