PROBLEMATIQUES ENVIRONNEMENTALES
L'analyse du cycle de vit (ACV) se base sur la notion de développement durable en fournissant un moyen efficace et systématique pour évaluer les impacts environnementaux d'un produit, d'un service ou d'un procédé.
Le but fondamental, suivant la logique de pensée cycle de vie, est dé réduire la pression d'un produit sur les ressources et l'environnement tout au long de son cycle de vie, de l'extraction des matières premières jusqu'à son traitement en fin de vie.
Dans le cas des Huiles Végétales Pures, on parle de logique "du champ à la roue", "du sol au pot d'échappement".
La question de la normalisation des agrocarburants de première génération:

Au niveau européen, on a dernièrement assisté à la constitution d'un groupe de réflexion sur la normalisation des biocarburants de première génération au sein du Comité européen de normalisation (CEN): en effet, cette initiative est une preuve de la nécessité d'une analyse du cycle de vie complet pour l'HVP, grâce à la mise en place par l'Union Européenne d'un cadre juridique basé sur le bilan complet des gaz à effet de serre.
Six critères de durabilité des biocarburants ont été retenus :
1 - les impacts environnementaux (incluant l'eau)
2 - le bilan gaz à effet de serre (objet de l'étude ADEME)
3 - la compatibilité avec les autres usages agricoles (alimentation, matériaux comme la paille pour les chaises)
4 - impacts sur la biodiversité
5 - impacts environnementaux (en terme d'érosion des sols, de production de déchets, des besoins en eau et des émissions de polluants
6 - le développement économique et le bien social.

Biocarburants : un bilan énergie et gaz à effet de serre dépendant de 4 facteurs clés

L'étude ADEME 2008 révèle que quatre facteurs sont déterminants dans le bilan énergie et gaz à effet de serre des biocarburants de première génération :
- Le changement d'affectation des sols
- La répartition des consommations et des émissions de GES entre produits et coproduits (tourteaux par exemple)
- Les quantités de N2O émis à la suite de l'épandage d'engrais azotés
- Les émissions de GES et des consommations d'énergie pendant la phase de construction des infrastructures (silos, bâtiments agricoles, usines) et équipements (tracteurs, machines) nécessaires à la production des biocarburants.

Etude Price Waterhouse Coopers ADEME-DIREM 2002:

En France, cette étude Price Waterhouse Coopers ADEME-DIREM 2002 a dés sa sortie alimenté une vive polémique: en effet, on a profondément remis en cause les conventions de calcul retenues et les méthodes d'analyse du cycle de vie et du bilan environnemental des biocarburants (certains acteurs dénonçaient en effet une orientation évidente en faveur des agrocarburants industriels, de par les conventions de calcul retenues).
Cette première étude de l'Ademe avait conclu au bilan positif des biocarburants en termes d'émissions de CO2 et de gain énergétique (60% pour le bioéthanol produit à partir de blé et de betterave et 70 à 75 % pour le diester produit à partir de colza et de tournesol).

Etude ADEME - MEEDDAT - MAP - IFP - ONIGC 2008:

Durant le Grenelle de l'environnement, une expertise sur le bilan écologique et énergétique des agrocarburants de première génération a été commandée à l'ADEME par le Comité opérationnel des énergies renouvelables et le ministère en charge de l'écologie. Cette étude, pilotée par l'ADEME, a été confiée à un consultant (Bio Intelligence Serice) et réalisée en partenariat avec le Meeddat, le ministère de l'Agriculture, l'Institut français du pétrole (IFP) et l'Office national interprofessionnel des grandes cultures (Onigc).
Suite aux vives contestations qu'avait provoquées l'étude précédente, cette dernière porte non pas sur des résultats, mais sur la méthodologie à appliquer pour établir le référentiel de rendement énergétique, d'émissions de GES et de polluants atmosphériques locaux des biocarburants.
Cette étude montre, là encore, que la production de biocarburants permettrait globalement un gain net d'émissions de GES: elle "confirme HALLO que les gains énergétiques et de gaz à effet de serre des biocarburants produits en Europe resteront significatifs et, en tout état de cause, supérieurs au seuil d'éligibilité environnemental proposé dans le projet de directive européenne EnR (35 %)". Conclusion de l'étude: "Le plan biocarburant conserve donc une justification sur le plan de l'énergie et de la réduction des gaz à effet de serre". Mais il reste à compléter les données par une étude filière par filière, culture par culture.

Dans une étude réalisée en Juin 2006 ("Perspectives de développement d'utilisation des HVP hors utilisations carburant"), le CIRAD revient sur la productivité agricole et le bilan énergétique de la filière huile végétale.
Concernant la filière huile végétale dans son ensemble (production industrielle et production artisanale), la productivité agricole à l'hectare est assez faible : entre 0,8 et 1,2 tonne d'huile auxquelles s'ajoutent 1,4 à 2 tonnes de tourteaux. La quantité d'énergie hors tourteau est comprise entre 8 et 13 MWh/ha/an, nettement plus faible que pour une culture lignocellulosique ou ligneuse destinée à l'énergie (TCR de peupliers ou roseaux de Chine).
Le bilan énergétique par contre est relativement bon puisqu'on peut obtenir respectivement 3 kWh (production industrielle) et 4 à 6 kWh (production artisanale) d'énergie renouvelable/par kWh d'énergie fossile consommée.
La production d'huile végétale pure demeure relativement coûteuse : environ deux fois plus élevée que le pétrole à 60-70 dollar/baril. Le prix de revient de l'huile de tournesol vierge est actuellement compris dans une fourchette de 50 à 70 Euro/MWh, comparable donc au prix du fioul domestique TTC. Par contre, il est nettement plus élevé que celui des biomasses d'origines ligneuse et lignocellulosique (bois énergie, paille, granulés, et autres) qui se situent dans une fourchette de 13 à 25 Euro/MWh (30 à 35 Euros pour le granulé de bois ou de paille).

Concernant la production artisanale ou à la ferme d'huile végétale (aussi appelée circuit court), on a un bilan énergétique (ratio énergie brute produite/énergie intermédiaire consommée) plus élevé qu'avec la filière industrielle, mais cet élément favorable est contrebalancé par un rendement d'huile extraite plus faible.
De plus, le fait que la filière HVP soit une filière courte présente d'énormes avantages en termes de bilan énergétique: en effet, on parle de filière courte car le trajet entre le producteur et le consommateur d'huile est très réduit (50km maximum). En conséquence, le bilan énergétique est beaucoup plus intéressant.

Team| Remerciements | SciencesPo Paris